Article de la provence publié le 24/09/2009
Une séance du conseil municipal très"sportive"
Une polémique autour d'un jeune club de basket s'est invitée au débat
Vincent Gomez a défendu la position des jeunes du Authentics basket club, qui sont venus écouter les élus à leur sujet.
La polémique a fait son entrée là où on ne l'y attendait pas... C'est en effet au moment où les élus évoquaient les tarifs de location des salles municipales pour
les associations que Vincent Gomez, conseiller d'opposition des forces de gauche rassemblées, a abordé un sujet connexe qui, visiblement, fâche.
L'air de rien, il a interrogé Éric Le Dissès, le maire : "Vous avez dit qu'une ville sans associations se meurt et si elle en a trop, elle ne va pas bien. C'est
quoi la limite pour vous ?". Puis le match a vraiment débuté : "Quand une association vient vous voir, avec un projet ambitieux de club de basket, sans demander de subvention, juste des
créneaux horaires (dans un gymnase NDLR)... Ok, il y a le CMS basket, mais qui empêche une ville de 30 000 habitants d'avoir deux clubs? En les chassant, ce n'est pas comme ça qu'on va
faire bouger la ville !
Cette association a besoin d'une réponse".
Les basketteurs étaient dans la salle
Et au fond de la salle, justement, le groupe de jeunes gens était là pour écouter... Daniel Simonpiéri, l'ancien maire, a pris la balle au bond : "Je rejoins M. Gomez. Ces jeunes ne font
pas que du sport, ils font de l'insertion". Éric Le Dissès a alors tenté un dribble : "Leur siège est à Marseille". "Non, ça a changé, vous n'avez pas rencontré cette
personne".
Ce qui a fait sortir de ses gonds Cathy Vinciguerra, adjointe aux sports. Celle-ci a littéralement imposé son intervention, alors que le maire semblait vouloir
répondre. "Je l'ai reçu et je vais prendre la parole. J'ai été sportive de haut niveau. Des qualités comme la patience, l'humilité, sont importantes. À l'adolescence, on fait un transfert sur
l'éducateur. Cette attitude montre l'hypertrophie du président. Il y a tout ce qu'il faut ici pour les jeunes. Ce monsieur devrait être patient". "Le débat est biaisé puisque ce monsieur
ne peut vous répondre", lui a fait remarquer Vincent Gomez. La loi interdit en effet au public de prendre la parole spontanément lors d'un conseil.
Éric Le Dissès a rebondi : "Au lieu d'encourager le CMS, je vais diviser ?". "Je me souviendrai de votre réponse quand d'autres associations seront créées.
C'est de votre responsabilité politique", a rétorqué Vincent Gomez. "Une question : et si demain, il y a un 3e, puis un 4e club, on fait quoi ?", a interrogé le maire.
"On remet de l'ordre"
Daniel Simonpiéri a tenté le panier à trois points : "Leur public est différent, ce sont des jeunes de quartier, qui pratiquent le basket de rue". "Mais ça, ils peuvent y jouer
dehors, à la Bastide du Tron", a assuré le maire. "Vous savez d'où vient ce président ?", a demandé Patricia Colin, 1ere adjointe, à Vincent Gomez, dont la réponse a fusé, comme au
ping-pong pour le coup : "Du CMS, demandez-vous pourquoi !". "Cela s'appelle de l'ingérence dans la vie associative. Ils n'ont qu'à se présenter contre le bureau du CMS", a-t-elle
conseillé.
Et alors que plus personne ne semblait se souvenir de la délibération d'origine, Daniel Simonpiéri a précisé : "Nous voterons contre. Il a été dit "on ne touche
pas aux associations locales" et c'est faux, vous les faites payer". "On remet de l'ordre", a conclu Éric Le Dissès, sifflant ainsi la fin de la partie. Dans la salle, les jeunes
basketteurs semblaient consternés. Après le conseil, ils discutaient : "T'as vu ça? Les élus, on dirait des gosses dans une cour de récréation".
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"Me parler comme ça est inadmissible"
Mohamed Aribi est le président du désormais controversé Authentics basket club. À ce jour, il compte une cinquantaine de membres et autant en attente, selon lui.
Après le conseil, il nous a confié ses impressions: "C'est inadmissible qu'on me parle comme ça, qu'on remette en cause mes capacités d'éducateur. Ma priorité, ce sont les jeunes. J'ai 27 ans
d'ancienneté au CMS. J'ai fait émerger huit joueurs pros. On a voulu fusionner avec le CMS. Mais ça n'a pas été possible. Il est vrai que notre cotisation est plus chère, mais pour 160 €,
l'équipement intégral est fourni et on utilise les chèques Latitude 13. Quant à l'utilisation du terrain extérieur de la Bastide du Tron, j'ai un courrier du service des sports disant qu'en fait
on ne peut pas ! Avec cette attente, on a perdu des joueurs qui ont rejoint des clubs comme Vitrolles, et des partenaires".
E. Elbaz
Source : La provence.com