Au terme d’un an d’exercice de son mandat, Nicolas Sarkozy a tenté, sans y parvenir, de justifier sa propre impuissance.
Il n’a pas pu dissimiler l’ampleur de son échec, qui se traduit par de nouvelles injustices sociales, une baisse du pouvoir d’achat pour l’immense majorité de ceux qui travaillent dur et se
lèvent tôt, la fragilisation des retraités et des plus modestes.
Son échec porte sur le fond et pas seulement sur des erreurs de communication, au demeurant bien réelles. Son plaidoyer d’hier soir est très inquiétant. Le chef de l’Etat n’a rien à proposer
sur le pouvoir d’achat et encore moins sur la relance de la croissance. Le temps où il prétendait « aller chercher la croissance avec les dents » est bien révolu.
Son annonce d’un financement au rabais du RSA (Revenu de Solidarité Active) est encore plus préoccupante. En suggérant un financement à concurrence de 1,5 milliards d’euros, c’est-à-dire un montant égal à 40 % de ce qui était prévu initialement, Nicolas Sarkozy confirme sa logique de bricolage.
Plus grave, en précisant que ce financement s’effectuera au détriment de la prime pour l’emploi, il se livre à un aveu ; ce sont bien les salariés modestes et au SMIC qui paieront sur
leur pouvoir d’achat, alors qu’il faudrait précisément augmenter de 50% la prime pour l’emploi comme le préconise le Parti socialiste.
La justification du bouclier fiscal qui se traduit, en période de crise sociale et budgétaire, par une rétrocession de plusieurs centaines de millions d’euros aux plus privilégiés, signe la
vraie nature du régime. Comment peut-on justifier l’envoi de chèques jusqu’à 30 000 euros par personne, aux plus nantis, alors que le gain obtenu par les rares salariés bénéficiant d’heures
supplémentaires, n’excède pas 50 euros par personne en moyenne ?
En réalité, Nicolas Sarkozy s’inscrit pleinement dans les pas de ses devanciers, Edouard Balladur, Jean-Pierre Raffarin et Jacques Chirac. Il commence par faire des cadeaux fiscaux aux plus
privilégiés - à travers le paquet fiscal - , ce qui aggrave les déficits et la dette, et se traduit à l’arrivée par une chute de la croissance et la montée de nouvelles inégalités
sociales.
Il ne reste plus à la fin, qu’à théoriser devant les Français, sa propre impuissance.
Communiqué du Parti socialiste
Stéphane LE FOLL


